Contexte historique et littéraire

La Régence de Catherine de Médicis et le règne de Louis IX

A la mort de son frère, Charles n'a que dix ans. Ayant reçu une éducation remarquable, attentif à l'enseignement des humanistes, Charles IX ne put échapper à la tutelle de son entourage. A travers lui, sa mère Catherine de Médicis continua de gouverner la France avec le souci de préserver l'autorité monarchique et l'unité de la religion. « C'était elle qui faisait tout, écrit un témoin de l'époque, et le Roy ne retournait pas un œuf qu'elle n'en fut avertie ». Entourée de conseillers italiens, cette Florentine d'illustre naissance, dont l'activité politique fut incessante après la mort d'Henri II, essaya tant bien que mal d'apaiser les troubles du royaume. Le clivage religieux s'est en effet beaucoup politisé à la fin du règne d'Henri II. Mais les guerres de religions vont réellement débuter sous le règne de Charles IX. Pendant la minorité du jeune roi, le chancelier Michel de l'Hospital tenta d'amener catholiques et protestants à un compromis : il publia en janvier 1562, l'édit de Saint-Germain-en-Laye qui accorde la liberté de culte aux réformés et vise à organiser la coexistence entre les chrétiens divisés. La réponse des extrémistes catholiques ne se fit pas attendre : un mois plus tard, à Wassy, en Champagne, les gens de l'escorte du duc de Guise massacrèrent des protestants célébrant leur culte. Ainsi fut déclenchée la première des guerres de Religion. On en dénombrera huit au total.

Les clans religieux

Les catholiques

Les protestants

  • Les princes de sang (descendants de Saint Louis) :
    • Bourbon : Antoine de Bourbon, roi de Navarre puis son fils Henri de Navarre sont plus concernés par la politique, ils vont tous les deux changer de religion à plusieurs reprises.
    • Condé : Louis de Bourbon, prince de Condé (frère d'Antoine de Bourbon), puis son fils Henri de Condé. Les Condé sont des personnages ambitieux et actifs, ce sont de grands leaders protestants.
  • Les Montmorency, contrairement à leur père, les fils du connétable Anne de Montmorency sont des calvinistes, ils vont de pair avec leur cousin l'amiral Gaspard de Coligny, chef du camp huguenot jusqu'à la Saint-Barthélemy.
  • Montgommery, le régicide involontaire du roi Henri II, réfugié en Angleterre cherchera à intervenir en Normandie avant d'être capturé et exécuté.
  • L'Angleterre réformée d'Elisabeth Ière et Guillaume d'Orange des Provinces Unies (Pays-Bas) sont les appuis étrangers des huguenots.

Les premiers conflits religieux

  • Première guerre de religion (1562-1563) : La première guerre de religion qui éclate à la suite du massacre des protestants à Wassy voit la mort d'Antoine de Bourbon (siège de Rouen) et de François de Guise (siège d'Orléans). La reine Catherine négocie la paix avec le prince de Condé par l'édit d'Amboise (1563). Le culte des protestants est désormais autorisé dans certains lieux.
  • Deuxième guerre de religion (1567-1568) : Reprise des hostilités quatre ans plus tard. La reine Catherineabandonne sa politique de conciliation, Michel de l'Hospital est disgracié en 1567. Les protestants commandés par le prince de Condé et Gaspard de Coligny sont aux portes de Paris. Ils sont finalement battus par le connétable de Montmorency et la paix est signée à Longjumeau en 1568.
  • Troisième guerre de Religion (1568-1570) : La guerre reprend au bout de quelques mois. Les catholiques tentent de capturer les chefs protestants : le prince de Condé et l'amiral Coligny qui sont enfermés à « La Rochelle », le bastion des protestants. Le prince de Condé trouve la mort et l'armée royale, menée par Henri d'Anjou, prend l'avantage avant que Coligny parvienne à imposer la signature d'une trêve, l'édit de Saint-Germain (1570).

Catherine de Médicis

Figure emblématique du XVIème siècle, Catherine de Médicis est directement reliée aux guerres de religions, mais aussi à son activité de mécénat. Elle a protégé de nombreux artistes et largement contribué à l'essor de l'art au service de la monarchie. Les historiens modernes la voient comme l'une des plus grandes reines de France, mais son image est fortement contrastée par son rôle trouble dans la Saint Barthélemy.

Le massacre de la Saint Barthélemy

Dans la chaleur de l'été 1572, les Parisiens assistent aux préparatifs des noces de Marguerite de Valois et d'un "hérétique rebelle à son roi", le protestant Henri de Navarre (prince de sang et futur Henri IV). Des prédicateurs parcourent les rues, scandent des menaces. Depuis dix ans, les Parisiens subissent les mêmes discours : la vraie religion, c'est le catholicisme, la seule foi, c'est celle du roi. L'atmosphère est particulièrement lourde, et la ville, envahie par des centaines de protestants venus à l'occasion du mariage, est une vraie poudrière. Il n'y a cependant pas d'incidents majeures au cours de cette journée du 18 août, ni pendant les trois jours qui suivent : aux habits chatoyants de la bonne société catholique s'opposent les sombres vêtements des gentilshommes protestants. Mais les prédicateurs continuent à pousser le peuple à la révolte : Catherine de Médicis, mère du roi Charles IX est pour eux une alliée. Elle a déjà tenté, sans succès de faire assassiner le chef des protestants, l'amiral de Coligny. Cette fois, son plan est mis à exécution dans la nuit du 23 au 24 août. Coligny est tué à coups de dague puis son corps est jeté par la fenêtre. Les conjurés ferment alors les ponts sur la Seine et, cachant les bateaux afin d'empêcher toute fuite, ils se dirigent vers le Louvre, où logent la plupart des gentilshommes protestants présents à Paris, et les massacrent. A l'aube du 24 août, le peuple de Paris, en majorité catholique, entre en scène : guidé par la tension ambiante et la peur de l'autre, 2 000 à 3 000 protestants, ou supposés tels, sont tués.

 

Qui est l'instigateur de la Saint-Barthélemy ?

Quelques controverses existent désormais sur la responsabilité de l'assassinat des chefs protestants. La veille de sa mort, l'amiral de Coligny avait déjà essuyée une première tentative d'assassinat, plusieurs hypothèses ont été formulées :

  • La version officielle accuse la reine Catherine de Médicis et son entourage qui s'inquiétaient de l'influence de Coligny sur son fils. On a prêté ces mots à Charles IX, fraîchement convaincu par sa mère et ses conseillers : « Eh bien soit ! Qu'on les tue ! Mais qu'on les tue tous ! Qu'il n'en reste plus un pour me le reprocher ! ». Par le passé, on est allé jusqu'à dire que le jeune souverain tirait sur les protestants depuis sa fenêtre du Louvre.
  • Henri d'Anjou, frère du roi est également l'objet de soupçons. Devenu lieutenant général du royaume, il s'agissait peut-être pour lui d'une bonne occasion de s'imposer au gouvernement. Il aurait pu recevoir le soutien d'Henri de Guise.
  • Le duc de Guise justement, a peut être comploté avec l'appui de Philippe II d'Espagne. En effet, l'amiral de Coligny projetait de faire la guerre à l'Espagne catholique.
  • Quatrième guerre de religion (1572-1573) : Le massacre de la Saint-Barthélemy entraîne une quatrième guerre de Religion dès octobre 1572. Les protestants sont isolés, Henri de Navarre et le nouveau prince de Condé (Henri) sont désormais convertis au catholicisme. Cependant, l'armée royale échoue au cours du siège de La Rochelle. Le duc d'Anjou est nommé roi de Pologne, la paix est signée en 1573. Le roi Charles IX se trouve alors de plus en plus isolé.

La conjuration des Malcontents

Après la conjuration d'Amboise sous François II, le règne de Charles IX fait également l'objet d'une nouvelle révolte : la conjuration des Malcontents. Les Malcontents désignent les quelques personnes qui sont dans l'ombre du pouvoir de la reine mère :

  • Le jeune ** François d'Alençon**, dernier fils d'Henri II, qui a grandi dans l'ombre de ses frères notamment d'Henri, duc d'Anjou que l'on a nommé roi de Pologne. Il espère renverser le gouvernement de sa mère et devenir l'héritier du royaume à la place de son frère Henri. Il devient l'espoir de la noblesse rebelle.
  • Le duc François de Montmorency, fils du connétable Anne de Montmorency, qui s'est retiré de la Cour sur ses terres de Chantilly.
  • Les princes de sang, Henri de Navarre et son cousin ** Henri de Bourbon-Condé**. Ils ont abjurés le protestantisme et sont assignés à résidence à la cour. Condé est le grand rival d'Henri d'Anjou, qui a fait assassiner son père à la bataille de Jarnac et qui convoite son épouse Marie de Clèves.

A la suite d'une tentative d'assassinat du duc Henri de Guise, peut être mandatée par les Malcontents, François d'Alençon et Henri de Navarre sont contraints de fuir la Cour. De là, ils fomentent deux complots, avec l'aide de complices qui échouent. La réaction de la reine-mère est virulente, on arrête et exécute les complices. Henri de Navarre et François d'Alençon subissent un interrogatoire. Cette révolte déclencha la cinquième guerre de Religion (1574-1576) tandis que le roi Charles IX succombe des suites d'une tuberculose.

Ronsard et la Pléiade

Amateur de poésie, Charles IX avait convié le poète Ronsard à résider à la Cour du Louvre. Le roi lui demanda notamment de rédiger "La Franciade", un poème épique sur les origines de la France. Pierre de Ronsard est l'un des poètes les plus importants du XVIème siècle, il est le chef de file de La Pléiade, un mouvement littéraire chargé de promouvoir la langue française. Dans le tumulte des guerres religieuses, Ronsard se distingue des autres artistes en condamnant le protestantisme.