Edit de Fontainebleau

Louis XIV

le 18 octobre 1685

Préambule :

Le Roi Henry le Grand, notre aïeul de glorieuse mémoire, voulant empêcher que la paix qu’il avait procurée à ses sujets, après les grandes pertes qu’ils avaient souffertes par la durée des guerres civiles et étrangères, ne fut troublée à l’occasion de la Religion Prétendue Réformée, comme il était arrivé sous les règnes des Rois ses prédécesseurs, aurait par son édit donné à Nantes au mois d’avril 1598, réglé la conduite à tenir à l’égard de ceux de ladite religion, les lieux dans lesquels ils en pourraient faire l’exercice, établi des juges extraordinaires pour leur administrer la justice, et enfin pourvu même par des articles particuliers à tout ce qu’il aurait jugé nécessaire pour maintenir la tranquillité dans son royaume, et pour diminuer l’aversion entre ceux qui étaient de l’une et l’autre religion, afin d’être plus en état de travailler comme il avait résolu de faire réunir à l’Église ceux qui s’en étaient si facilement éloignés.

[..] Dieu ayant enfin permis que nos peuples jouissent d’un parfait repos et que nous-mêmes, n’étant pas occupés des soins de les protéger contre nos ennemis [...] nous voyons présentement, avec la juste reconnaissance que nous devons à Dieu, que nos soins ont eu la fin que nous nous sommes proposés, puisque la meilleure et la plus grande partie de nos sujets de ladite R.P.R. ("Religion Prétendument Réformée") ont embrassé la Catholique. Et d’autant qu’au moyen de l’exécution de l’édit de Nantes et de tout ce qui a été ordonné en faveur de ladite R.P.R. demeure inutile, nous avons jugé que nous ne pouvions rien faire de mieux, pour effacer entièrement la mémoire des troubles, de la confusion et des maux que le progrès de cette fausse religion a causés dans notre royaume et qui ont donné lieu audit édit et à tant d’autres édits et déclarations qui l’ont précédé ou ont été faits en conséquence, que de révoquer entièrement ledit édit de Nantes. […]

Conséquences :

  • les pasteurs sont exilés sans leurs enfants de plus de 7 ans
  • la célébration du culte est interdite sous peine de châtiments
  • les simples fidèles n’ont pas le droit de quitter le royaume
  • les enfants sont obligatoirement élevés dans la religion catholique
  • les temples restant sont détruits.

C’est donc la fin de la législation dérogatoire qui permettait aux protestants d’exercer leur culte depuis l’édit de Nantes.

C’est la fin officielle du protestantisme dans le royaume de France, sauf en Alsace récemment annexée.

 

Rappel : L’édit de Nantes devait prévenir tout massacre comme celui de la Saint Barthélémy :

Le massacre de la Saint-Barthélemy est un événement majeur de l'histoire de France. Il correspond au massacre d'une partie des protestants de France par les catholiques de France pendant les guerres de religion, le 24 août 1572.