Le Moyen Âge

Au XIII e siècle, le théâtre se joue sur la place du village ou de la ville. Les spectateurs sont des « bourgeois » (habitants du bourg), tandis que les cours des seigneurs préfèrent les spectacles de tournois, de ballets, etc.

On peut alors répartir les pièces de théâtre en deux « genres » : les mystères, qui reprennent des épisodes bibliques ou des vies de saints, et les farces. Au cours des xiv e et xv e siècles, les spectacles deviennent payants. De ce fait, le théâtre se joue de plus en plus souvent dans des lieux clos et non plus sur la grand-place. Peu de décors sont utilisés au Moyen Âge : on se contente parfois d'écriteaux signalant les lieux. Mais les machineries se développent, afin de créer des « effets spéciaux ». Au milieu du XVI e siècle, les mystères (c'est-à-dire le genre théâtral le plus prestigieux) sont interdits. En effet, l'Église estime désormais que la foi doit être l'affaire des doctes, et non des acteurs. Ainsi, malgré quelques résistances, le théâtre sombre dans le déclin. Il faudra attendre une redéfinition de cet art pour qu'il reprenne consistance.

Au IIe siècle de l'ère chrétienne, le pouvoir impérial enleva aux sociétés dramatiques, comme aux corporations d'artisans, leur indépendance primitive, et les soumit à des statuts. Les empereurs ne tardèrent pas à subir deux pressions opposées, celle du peuple, qui réclamait sans cesse des spectacles et des jeux, et celle de l'Église chrétienne, qui fulminait contre l'immoralité du théâtre. L'Église finit par l'emporter : le concile d'Arles, en 315, déclara excommuniés ceux qui se livraient à la profession de comédien; un édit de Théodose Ier autorisa les acteurs à recevoir le baptême, qui, en les régénérant, devait briser les liens par lesquels ils étaient enchaînés à leur état, mais les déclara esclaves à jamais des plaisirs de la populace, s'ils reprenaient leur profession; un autre édit du même prince, en 394, leur interdit comme une profanation de prendre sur le théâtre la robe des vierges chrétiennes, et défendit aux femmes et aux enfants l'accès des représentations profanes; en 413, Honorius confirma l'excommunication attachée aux fonctions d'acteur.

Lors de l'invasion des Germains et de la chute de l'Empire, les acteurs disparaissent en Occident. On les voit renaître, sous le nom romain d'histrions, pendant le règne de Charlemagne; mais leurs représentations étaient si obscènes et leurs moeurs si dissolues, que l'empereur leur interdit leur profession. Les troubadours, qui étaient eux-mêmes des espèces d'acteurs-poètes réveillèrent le goût des représentations dramatiques, vers le commencement du XIIe siècle : ils allaient, sous le nom de comiques, jouer de châteaux en châteaux de petits drames qu'ils improvisaient; c'étaient des pastorales, des chantrels, des comédies. Mais, profitant de leur vogue, ils devinrent licencieux, et, vers la fin du même siècle, on les bannit de toute honnête société.

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