A propos de Meursault et de L'Etranger : quelques citations

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 « J’ai résumé L’Etranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale : dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort. Je voulais dire que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. »    Albert Camus                                            

L'étranger lu par Albert Camus lui-même

 Meursault un « martyr de la vérité »  ? 

 « Il m’est arrivé de dire aussi , et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer dans mon personnage le seul Christ que nous méritions."  Albert Camus

« Meursault refuse de mentir. Mentir ce n’est pas seulement dire ce qui n’est pas. C’est aussi et surtout dire plus que ce qui est, et en ce qui concerne le cœur humain, dire plus qu’on ne sent. C’est ce que nous faisons tous, tous les jours, pour simplifier la vie. Meursault, contrairement aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qu’il est, il refuse de masquer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée. On lui demande par exemple de dire qu’il regrette son crime, selon la formule consacrée. Il répond qu’il éprouve à cet égard plus d’ennui que de regret véritable. Et cette nuance le condamne […] On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L’Etranger l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. »  P. G Castex

« Jusqu’au moment où il est jugé, Meursault ne se sent étranger en aucune manière Il ne se sent étranger ni par rapport à la réalité, ni par rapport à la société. » Albert Camus

« Chaque fois que j’entends un discours politique ou que je lis ceux qui nous dirigent, je suis effrayé depuis des années de n’entendre rien qui rende un son humain). Ce sont toujours les mêmes mots qui disent les mêmes mensonges. Et que les hommes s’en accommodent, que la colère du peuple n’ait pas brisé les fantoches, j’y vois la preuve que l’homme n’accordent aucune importance  à leur gouvernement et qu’ils jouent avec toute une partie de leur vie et de leurs intérêts soi-disant vitaux ».  Albert Camus

Camus, algérois qui vient d’arriver  à Paris  ou le sentiment d'étrangeté

« Que signifie ce réveil soudain – dans cette chambre obscure – avec les bruits d’une ville tout d’un coup étrangère ? Et tout m’est étranger, tout, sans un être à moi, sans un lieu où refermer cette plaie […] Etranger, qui peut savoir ce que ce mot veut dire. »

 

L'Etranger et la question du style : 

Sartre : « On disait de Renard qu’il finirait par écrire : « La poule pond ». M. Camus et beaucoup d’auteurs contemporains écriraient : « Il y a la poule et elle pond ». C’est ainsi qu’ils aiment les choses pour elles-mêmes, ils ne veulent pas les diluer dans le flux de la durée. »

"Chaque phrase est un présent. [...] une phrase de L’Étranger c’est une île. Et nous cascadons de phrase en phrase, de néant en néant. C’est pour accentuer la solitude de chaque unité phrastique que M. Camus a choisi de faire son récit au parfait composé [, qui rompt la continuité...]; le verbe est rompu, brisé en deux : d’un côté nous trouvons un participe passé qui a perdu toute transcendance, inerte comme une chose, de l’autre le verbe "être" qui n’a que le sens d’une copule [...]; le caractère transitif du verbe s’est évanoui, la phrase s’est figée." In Explication de L'Etranger, 1947

Barthes : « Cette parole transparente, inaugurée par L’Etranger de Camus, accomplit un style de l’absence qui est presque une absence idéale de style. »

 

Camus, à propos de la sensibilité absurde :

"La sensibilité absurde  est un mal de l’esprit qui naît de la confrontation de l’appel humain avec le silence déraisonnable du monde.»

« Ce monde en lui-même n’est pas déraisonnable, c’est tout ce qu’on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté ont l’appel résonne au plus profond de l’homme. L’absurde dépend autant de l’homme que du monde. Il les pour le moment leur seul lien. »

« Dans un univers soudain privé d’illusions et de lumière, l’homme se sent un étranger […] Ce divorce entre l’homme et sa vie, l’acteur et son décor, c’est proprement le sentiment de l’Absurde. »

« L’homme nous demeure à jamais inconnu et il y a toujours quelque chose en lui d’irréductible qui nous échappe. »

 

Et de la révolte :

« Il n’y a  pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre. »

« Il faut imaginer Sisyphe heureux." 

« Je me révolte, donc nous sommes. »

 

 

 

 

 
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